Leclerc règne le vendredi, mais l'histoire du Mexique est à Antonelli
Le doublé de Ferrari aux essais libres est un vrai rythme, mais Antonelli n'ayant besoin que d'une neuvième place, la vitesse de Leclerc décide qui gâche la fête, pas si elle a lieu.
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Peut-on avoir la voiture la plus rapide au Mexique et rester un second rôle ? Vendredi, Ferrari l'a appris. Charles Leclerc a dominé les deux séances d'essais libres, et la une revient pourtant au jeune homme de 20 ans, deuxième puis quatrième.
Selon l'AP, Leclerc a été le plus rapide dans les deux séances, tandis qu'Antonelli, qui avait manqué la séance médias de jeudi à cause d'une infection virale, a terminé deuxième de la première et quatrième de la seconde. Lors des EL1, rapporte Grandprix.com, le temps de 1'18"128 de Leclerc devançait la Mercedes de 0,659 seconde. Antonelli mène le classement avec 123 points d'avance, et une neuvième place dimanche fait de lui le champion quoi que fasse Russell.
Le rythme de Ferrari est réel, mais le vendredi l'exagère
Commençons par la réserve que les sources fournissent elles-mêmes. Lors des EL1, dix pilotes novices ou remplaçants ont pris le volant à la place des titulaires, et Crash.net a estimé que le mélange de piste verte, de faible adhérence et de remplaçants laissait « peu d'enseignements à tirer » du classement. Ferrari était la seule écurie à avoir aligné ses deux pilotes titulaires. Cela suffit à rendre l'écart plus flatteur qu'il ne l'est.
Les EL2 constituent une référence plus représentative, avec tout le plateau de retour en piste. Lando Norris a brièvement occupé la tête avant que Leclerc ne la reprenne, et Antonelli figurait parmi les meilleurs sur des pneus medium usagés. Nous éviterions d'y voir une faiblesse de Mercedes. Les essais mélangent quantités de carburant, pneus et programmes, et nous ignorons ce que chacun faisait sur ces tours.
Il existe toutefois une explication structurelle plausible. Russell a avancé que l'altitude et le retard de réponse du turbo favorisent des équipes comme Ferrari, qui utilise un turbo plus petit. C'est l'avis d'un pilote, pas une mesure, mais cela cadre avec ce que nous avons vu. Notre lecture: Ferrari est le meilleur pari pour gagner dimanche, et cela compte. Simplement, cela compte peu pour le titre.
Le calcul du titre fait de Leclerc un trouble-fête, pas une menace
Voici l'arithmétique qui aplatit le suspense. Antonelli a besoin d'une neuvième place ou mieux. Il pourrait même être sacré sans marquer de points si quelqu'un d'autre que Hamilton ou Russell s'impose. Hamilton, seul pilote avec Russell encore mathématiquement en lice, devrait gagner et espérer qu'Antonelli ne marque rien. Hamilton s'est en outre arrêté en piste lors des EL2 à cause d'une perte de puissance, ce qui n'a rien de rassurant.
Une victoire de Leclerc serait donc une belle histoire pour Ferrari et presque sans importance pour le championnat. Chaque point qu'il prend à Mercedes est un point qu'Antonelli peut se permettre de perdre. Voyez-le comme un trouble-fête qui arrive alors que la fête a déjà commencé.
Qu'est-ce qui pourrait vraiment changer l'issue ? Probablement pas le rythme. Un accrochage au premier tour, une panne de groupe propulseur ou la maladie persistante sont les vrais risques, et la hiérarchie du vendredi ne nous dit rien à leur sujet. La collision entre Verstappen et Lawson aux EL2, qui a provoqué un drapeau rouge, rappelle que la section du stade de ce circuit sanctionne le chaos.
Pourquoi ce sacre semble mérité
Le cadrage du Guardian est celui que nous défendrions: cette saison a été marquée par le mécontentement face à la nouvelle réglementation, et Antonelli en a été la constante la plus joyeuse. Le Guardian souligne qu'il s'est senti à l'aise dans ces voitures complexes où la gestion de l'énergie est centrale, qu'il a laissé un coéquipier expérimenté en difficulté et qu'il s'est remis d'une première année délicate. Neuf victoires, dont cinq d'affilée en début de saison, ce n'est pas un hasard.
Nous ajouterions un avis sur le récit. Il est tentant de voir dans un vendredi dominé par Ferrari un défi à l'autorité de Mercedes. Nous n'y croyons pas. Un pilote capable de signer une deuxième et une quatrième place au lendemain d'une infection virale qui l'a privé d'une séance médias a exactement le profil de celui qui n'a pas besoin de gagner pour être champion.
Notre verdict
Regardez Leclerc dimanche pour la plus belle course du week-end. Regardez Antonelli pour l'histoire. Si vous misez sur le spectacle, pariez sur une victoire de Ferrari et sur une discrète neuvième place ou mieux de la jeune star de Mercedes, avec la méforme de Russell et le souci de fiabilité de Hamilton en intrigues secondaires. Le record, celui de Vettel comme plus jeune champion, semble devoir tomber, et le vendredi rapide de Ferrari ne sera qu'une note de bas de page d'un sacre. Plus rapide ne veut pas dire aux commandes, et dimanche à Mexico, c'est Antonelli qui commande.
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