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Rédaction Sportsfera
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Au Mexique, le vrai test d’Antonelli n’est pas la vitesse, c’est l’attente

Kimi Antonelli a gagné à Austin depuis la pole, mais le titre attend une semaine. Ce que le Mexique exige de lui est inédit et en dit long sur la saison de Russell.

Publié
25 octobre 2026
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Photo : Liauzh / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Que fait-on quand on a tout bien fait et que le trophée n’est pourtant pas remis ? C’est la question qui plane sur Kimi Antonelli après Austin, bien plus inconfortable que « comment battre Verstappen jusqu’au virage 1 ? ».

Les faits sont simples. Antonelli est parti de la pole et a remporté le Grand Prix des États-Unis, sa neuvième victoire de la saison. Mais George Russell a fini huitième et, comme le rapporte Rai News, la célébration du titre est repoussée d’une semaine. Le sacre exigeait une recette précise, que Il Fatto Quotidiano avait détaillée avant la course: victoire, Russell neuvième ou plus loin, Hamilton cinquième ou plus loin. Russell a fini une place trop haut, la fête se déplace donc à Mexico le 1er novembre.

Austin était la partie facile, et c’est tout l’enjeu

On pourrait dire qu’Antonelli a laissé passer une occasion. Nous ne le pensons pas. Le sacre dépendait toujours de la chute de son coéquipier et de Hamilton de quelques places, et Sky Sports parlait lui-même d’une chance « lointaine ». Ce qu’il maîtrisait, il l’a livré: la pole et la victoire.

Le contexte est plus intéressant. Motorsport.com a noté que Mercedes arrivait après deux week-ends difficiles, en Malaisie et à Singapour, et devait prouver que sa W17 mise à jour pouvait encore mener la danse. C’est fait. Antonelli a lui-même admis après Singapour qu’il avait le sentiment de ne pas avoir particulièrement bien piloté. Un pilote capable de le dire à voix haute, puis de répondre par une pole et une victoire, montre tout sauf de la fragilité.

Le Mexique est un test de pression, mais seulement psychologique

C’est ici que nous nuancerions l’étiquette de « test de pression ». Sur le papier, le Mexique est le cadre le plus favorable qui soit. Les calculs d’Il Fatto montrent qu’en cumulant Austin et le Mexique, il lui suffit de préserver la marge qu’il avait déjà et il peut concéder quelques points à chaque rival. Avant Austin, son avance était déjà supérieure aux points restant à distribuer après le Mexique. Il n’a pas besoin d’une course héroïque. Il a besoin d’un week-end ennuyeux.

Et c’est exactement ce qui rend la chose difficile. Courir est facile quand l’objectif est d’aller plus vite. C’est bien plus dur quand l’objectif est de ne rien gâcher. Un jeune homme de 20 ans sur le point de devenir le plus jeune champion de l’histoire (Sky indique que le record appartient à Vettel, sacré à 23 ans en 2010) va subir sept jours de questions du type « vous y êtes presque ». Après Singapour, il disait savoir que c’était très proche, mais qu’il devait continuer de faire de son mieux. Soit. Le dire est une chose. Le vivre dans un paddock rempli de caméras en est une autre.

Nous pensons que l’issue la plus probable reste un champion au Mexique, et les chiffres le confirment. Mais s’il y a un accroc, un accrochage au premier tour ou une course trop prudente qui coûte des points, c’est là que nous saurons quel genre de champion il est. À cela s’ajoute un poids: l’Italie n’a pas eu de champion du monde depuis Alberto Ascari en 1953, selon Rai News. Ce n’est pas rien.

La saison de Russell, grande perdante silencieuse de cette histoire

Regardez qui n’a pas aidé à Austin. George Russell, coéquipier d’Antonelli et deuxième du classement en arrivant sur le week-end, a fini huitième. Avant la course, Sky indiquait qu’il avait glissé à plus de 100 points après un week-end de Singapour marqué par une pénalité moteur. Quels que soient les détails, l’image est celle d’un pilote qui a passé une grande partie de l’année à tenter de rattraper son propre coéquipier et qui, désormais, fait de la figuration au sacre d’un autre.

Est-ce dur ? Peut-être. Nous n’avons pas le tableau complet des déconvenues de Russell, et pénalités et rythme ne sont pas la même chose. Mais une lutte pour le titre où le deuxième pointe à plus de 100 points n’est, selon nous, pas une lutte. C’est un compte à rebours. Mercedes présentera cela comme un triomphe, et sa large avance sur Ferrari au championnat des constructeurs rend la chose difficile à contester, mais en interne, la question de savoir pourquoi une voiture a produit tellement plus que l’autre risque de persister.

Notre verdict

Ne voyez pas dans Austin un titre retardé. Voyez-y un titre commandé, mais pas encore livré. Antonelli a fait tout ce qui dépendait de lui, le Mexique lui demande seulement d’éviter la catastrophe, et le Brésil reste une solution de secours. Notre conseil: au Mexique, regardez moins ses chronos que son sang-froid pendant les dix premières minutes. S’il est calme, le reste n’est qu’une formalité. Sinon, nous aurons appris quelque chose de plus précieux qu’une victoire de plus.

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