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Rédaction Sportsfera
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La grippe de Courtois n'a pas créé le problème du Clásico du Real : elle l'a révélé

Perdre Courtois quelques heures avant le Camp Nou fait mal, mais le vrai souci du Real de Mourinho, c'est la marge réduite face à un Barcelone qui n'a pas lâché un point.

Publié
25 octobre 2026
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4 min
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Photo : Netol / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Est-ce de la malchance quand une grippe frappe votre gardien le matin du Clásico, ou la facture de décisions prises des mois plus tôt ? Nous penchons pour la seconde lecture. La maladie est aléatoire. Arriver au Camp Nou avec si peu de marge d'erreur, non.

Le Real Madrid a confirmé dimanche que Thibaut Courtois était forfait de dernière minute à cause de la grippe, le jeune gardien Illia Voloshyn, 19 ans, étant convoqué à sa place, comme le rapporte India Today. Andriy Lunin est le remplaçant attendu. Barcelone mène la LaLiga avec 27 points, après neuf victoires en neuf matches; le Real est troisième avec 21. Une victoire du Barça ce soir porterait l'écart à neuf points, une victoire du Real le ramènerait à trois.

La panique autour de Courtois tient en partie à sa réputation

L'instinct est de dire que le Real a perdu son filet de sécurité. C'est ce que laisse entendre une bonne partie de la couverture, et nous comprenons pourquoi: le bilan de Courtois dans les grands matches fait partie de la mythologie du club. Mais les chiffres de la saison sont moins flatteurs. Tribal Football note qu'il a disputé 12 matches cette saison, encaissé 14 buts et ne s'est offert que deux feuilles blanches.

Ce n'est pas le profil d'un gardien qui porte seul une équipe. On dirait plutôt une équipe dont la défense prenait déjà l'eau, avec un gardien dont la réputation couvre plus que ses statistiques. La thèse selon laquelle la solidité du Real de Mourinho tient à un seul homme mérite donc d'être nuancée. Nous pensons que cette dépendance est plus psychologique que statistique, et c'est sans doute un problème plus grand. Quand la confiance d'une équipe repose sur un nom, son absence ressemble à un effondrement, même si les chiffres sous-jacents étaient déjà fragiles.

Le bilan de Lunin est une note de bas de page, pas un verdict

Lunin n'a disputé aucun match officiel cette saison, et Madrid Universal souligne qu'il a encaissé huit buts en quatre rencontres face à Barcelone sans jamais garder sa cage inviolée, dont la défaite 4-0 au Bernabéu en octobre 2024. Le site note aussi que le Real a gagné trois de ces quatre matches.

Nous ne lui ferions pas porter le chapeau. Huit buts en quatre matches racontent autant l'attaque de Barcelone qu'un gardien, et on ne peut pas juger un gardien sans match officiel cette saison sur des rencontres vieilles de deux ans. Si Lunin est mauvais ce soir, ce sera probablement parce que les joueurs devant lui lui auront donné trop à faire. S'il est bon, cela dira peu de chose de la profondeur d'effectif du Real, car une seule soirée ne prouve rien.

La marge est le vrai sujet

Voici ce qui compte selon nous davantage que le gardien. Le Real est aussi privé de Vinícius Júnior, suspendu (quatre matches après son exclusion contre Villarreal), ainsi que de Rodrygo et Raúl Asencio, blessés, selon Demócrata. Tribal Football ajoute Ferland Mendy à cette liste. En face, Barcelone arrive en meilleure attaque de la LaLiga avec 39 buts en neuf journées, ce qui est beaucoup pour une équipe qui a aussi des failles.

Ces failles sont réelles. Le Barça est privé de Dani Olmo, Jules Koundé, Eric García, Andreas Christensen et Roony Bardghji, et il s'est incliné 4-2 face au Paris Saint-Germain en milieu de semaine. Personne ne devrait parler d'une équipe invincible. Mais c'est le contraste qui compte: Barcelone peut absorber des absences parce qu'il a six points d'avance et gagne chaque semaine. Le Real, non, car chaque absence arrive avec une course au titre en toile de fond.

C'est là que le retour de Mourinho devient intéressant. Nommé en 2010 pour affronter le Barcelone de Guardiola, il n'a gagné qu'un seul de ses 10 premiers Clásicos, puis a terminé sa première période invaincu lors de cinq matches contre eux. Son bilan suggère qu'il apprend à battre cet adversaire lentement et en se montrant pragmatique. Mais le Real a perdu six de ses sept derniers Clásicos, et le club a connu un début de saison irrégulier, avec deux défaites en championnat en neuf journées et des sifflets de son propre public. Le pragmatisme a besoin d'une plateforme, et ce soir elle se résume à un gardien remplaçant, une attaque remaniée et un jeune de 19 ans convoqué en renfort.

Notre verdict

La grippe de Courtois est une excuse que le Real sera tenté d'utiliser et qu'il ne devrait pas utiliser. S'il perd, l'explication ne sera pas un gardien absent; ce sera un effectif qui, même après un été chargé, n'a aucun coussin lors de la plus grande soirée de l'automne. S'il gagne, ce sera le meilleur argument à ce jour que le projet Mourinho est plus solide que son début ne le laissait penser.

Nous nous attendons à ce que Barcelone soit favori et que le Real soit dangereux surtout si le match reste fermé, ce qui est un pronostic et rien de plus. Ce que nous surveillerions, ce ne sont pas les arrêts de Lunin, mais le nombre d'occasions franches que la défense du Real le laissera affronter. Ce chiffre, plus que la grippe, nous dira s'il s'agit d'une mauvaise soirée ou d'une faille structurelle.

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