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Rédaction Sportsfera
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Le vrai problème de United n’est pas Côme : c’est un vestiaire qui se dispute en public

Fernandes accuse le staff, Rooney fustige les joueurs, Carrick assure qu’il n’y a pas de division. Le 4-1 à Côme a révélé un vide de leadership qu’aucun ajustement tactique ne comblera.

Publié
24 octobre 2026
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Un capitaine peut-il avoir raison sur le pressing et avoir tort de le dire devant les caméras ? C’est la question embarrassante qui poursuit Manchester United après la défaite 4-1 en Ligue des champions à Côme, et, à notre avis, la réponse en dit plus long sur le club que le score.

Les faits sont assez simples. Comme le rapporte Sky Sports, Bruno Fernandes a déclaré à TNT Sports que la décision de ne pas presser en individuel venait « du staff » et qu’« il revenait à l’entraîneur et au staff de le voir, pas à moi ». Carrick a répondu que, quelle que soit la tactique, « si tu ne reviens pas en courant, tu ne gagnes pas », et il a mis en cause l’intensité de ses joueurs. United reste sur sept matches sans victoire, et Wayne Rooney, dans l’émission The United Stand, a qualifié les joueurs d’égoïstes, estimant que les critiques de Lisandro Martinez sur le recrutement étaient « le début » de l’explosion du vestiaire.

L’argument tactique se défend; c’est le lieu qui pose problème

Fernandes n’a peut-être pas tort. Côme a réussi 594 passes, un record face à United en Ligue des champions depuis Barcelone en 2019, et une équipe qui recule et offre le ballon se fait promener. La riposte de Carrick, selon laquelle United a pressé à moitié en individuel en seconde période et a encaissé sur cette séquence, laisse penser que le plan était confus, pas qu’un camp avait simplement raison.

Mais ce débat avait sa place dans une salle vidéo. Le mener devant les caméras de TNT et de Sky, juste après une correction, transforme un désaccord tactique en jeu de reproches. Le rôle d’un capitaine est d’encaisser la pression pour le groupe, pas de la renvoyer à l’entraîneur. Carrick dit qu’il tiendra « ce parapluie » pour que tous les autres restent au sec. Fernandes, en pratique, a refermé le sien.

Rooney a raison sur le diagnostic, tort d’en faire une affaire d’un seul homme

Nous pensons que le propos central de Rooney tient: les piques publiques sont contagieuses. D’abord Martinez a visé le directeur technique Jason Wilcox après la défaite contre l’Atlético de Madrid, puis Fernandes a visé les entraîneurs. Deux cadres en quinze jours, c’est une tendance, pas un accident. « Égoïstes » est toutefois un mot dur, et il ménage le club. Si les joueurs se sentent libres de parler ainsi, c’est probablement que personne au-dessus d’eux n’a fixé de limite. Carrick a refusé de dire s’il avait parlé à Fernandes et, selon TEAMtalk, ce geste est resté sans sanction.

C’est là le vide. L’entraîneur assure que « ce n’est pas divisé », mais dans une déclaration liminaire de plus de cinq minutes, il a admis: « Nous avons perdu notre chemin. » Parallèlement, d’après TEAMtalk, le club serait en « guerre civile » au sujet de son successeur, Christopher Vivell préférant, dit-on, Julian Nagelsmann, tandis que Wilcox souhaiterait une expérience de la Premier League. Il faut y voir une information rapportée, pas un fait établi. Mais même à moitié vraie, elle montre aux joueurs que ceux qui sont au-dessus de Carrick ne sont pas unis non plus.

Carrick ne peut pas régler cela seul, et Bournemouth n’y changera rien

L’appel de Carrick à l’humilité de l’ère Ferguson est sincère, et sa colère après le match semblait authentique. Mais invoquer le passé, c’est précisément ce que Fernandes a rejeté en disant que le club se concentre trop sur ce qu’il a accompli avant. Il se peut que les deux aient en partie raison: les joueurs se réfugient derrière l’histoire, et le plan du staff était trop passif.

Ce qui aiderait est terne et peu glamour: une conversation privée qui reste privée, un message clair sur qui parle et quand, et un soutien visible de la direction, que ce soit pour Carrick ou pour un changement. Écarter Fernandes ou lui retirer le brassard ferait passer un message, mais risque d’envenimer les choses dans un club déjà en manque de calme.

Notre verdict: le match de dimanche contre Bournemouth compte, mais une victoire ne ferait que repousser la dispute. Tant que les leaders de United ne régleront pas leurs différends à huis clos, peu importe que le pressing soit haut ou bas. Un vestiaire qui débat de lui-même devant les caméras perd déjà, et Carrick, qui semble aujourd’hui la principale voix à le défendre, ne peut pas gagner seul ce combat.

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