Angel Gomes n'est pas le flop : l'OM ne lui a jamais donné de rôle
Les débuts difficiles de Gomes à l'OM en disent autant sur un recrutement bâti sur un profil flou que sur sa forme. Marseille doit définir son rôle ou le laisser partir.
Photo : Autor desconocido / Rawpixel (CC0)
Quand un joueur est qualifié de particulièrement décevant depuis le début de la saison, après une première année décevante, est-il encore juste de ne blâmer que lui ? C'est la question qui plane sur Angel Gomes à Marseille. La presse française a opté pour la réponse facile. Nous pensons que la meilleure est moins confortable pour le club.
Ce qui s'est passé
Gomes est arrivé libre en juillet 2025, et Le Phocéen note qu'il peine toujours à convaincre après une première saison décevante et un prêt à Wolverhampton. La frustration grandit. Maxifoot l'a jugé particulièrement décevant depuis le début de cette saison, et Foot Mercato écrit que Bruno Genesio commence à perdre patience après la titularisation de Gomes jeudi lors de la défaite 1-0 en Ligue Europa sur la pelouse du Sturm Graz.
Les chiffres ne sont pas catastrophiques, et c'est tout le sujet. Selon FotMob, il compte un but et une passe décisive en 469 minutes de Ligue 1 cette saison, avec une note moyenne de 6,86. Statshub le crédite de 168 cm et de 14 passes clés en 10 apparitions sous le maillot marseillais. C'est un rendement médiocre, pas un effondrement.
Un joueur « polyvalent » est souvent un joueur sans poste
La biographie même de Gomes est un indice. Wikipédia le décrit comme polyvalent, utilisé comme milieu offensif, milieu central et milieu excentré. FotMob le répertorie comme milieu offensif. La polyvalence sonne comme une qualité en réunion de recrutement, mais sur le terrain, elle signifie souvent que personne n'a dit au joueur où il devait être décisif.
Notre lecture, et ce n'est que cela, est que Marseille a recruté un profil plutôt qu'un rôle. Un joueur libre, petit gabarit, polyvalent, passé par la Ligue des champions avec Lille, paraît judicieux sur un tableur. Mais un tableur ne dit pas s'il est le créateur, le relais ou l'option de rotation. S'il est titulaire pour un déplacement en Ligue Europa et que la réaction reste l'impatience, il nous semble que le club n'a pas répondu à cette question.
La patience a un prix, et Marseille le paie déjà
Regardons la chronologie. Foot01 rapportait en décembre 2025 qu'il peinait à s'imposer, au point qu'un départ en janvier était évoqué. Il a ensuite passé un prêt à Wolverhampton et est revenu à l'OM. À notre avis, un joueur déplacé puis réintégré sans mandat clair peut fort bien paraître hésitant. Ce n'est pas une excuse pour lui, mais c'est un contexte que les titres du type « jusqu'à quand » occultent.
L'équité vaut dans les deux sens. Un poste de titulaire dans un club comme l'OM s'accompagne d'attentes que des notes de 6,86 ne satisfont probablement pas, et une défaite 0-1 en Europe est précisément le moment où une prestation fébrile se paie. Gomes n'est pas irréprochable. Dix apparitions avec un but et une passe décisive, pour un joueur qui porte le numéro 7, c'est maigre.
Notre verdict
Marseille a deux options honnêtes. La première: définir le poste. Dire s'il est le numéro 10 derrière les attaquants, un créateur côté gauche ou un spécialiste du banc, puis le juger sur cette base. La seconde: admettre que la recrue ne convient pas et la céder, plutôt que de la laisser dans un entre-deux qui ne satisfait personne.
Ce que le club ne doit pas faire, c'est répéter la même expérience et s'étonner du même résultat. Le match de Ligue 1 de dimanche contre Le Havre est le bon moment pour montrer la voie choisie. Si Genesio lui confie un rôle clair et qu'il ne répond toujours pas, le verdict pèsera sur Gomes. Sinon, il pèsera sur celui qui l'a recruté.
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