Football
Rédaction Sportsfera
Football

Le triplé de Hakimi prouve que l'atout du PSG est structurel, pas un attaquant star

Un latéral droit auteur de trois buts et de deux passes décisives au Havre en dit moins sur une grande soirée que sur un système qui fait d'un latéral une arme offensive majeure.

Publié
31 octobre 2026
Lecture
4 min
Catégories
Football

Image générée par IA

Que dit-il d'une équipe quand son meilleur attaquant, un soir donné, est son latéral droit ? La plupart des clubs parleraient d'un heureux hasard. Au Paris Saint-Germain, nous pensons que c'est le plan de construction.

Vendredi, le PSG s'est imposé 5-1 au Havre, lanterne rouge de la Ligue 1, après avoir été mené sur un but de Josh Maja. Achraf Hakimi a inscrit le premier triplé de sa carrière et a aussi offert deux autres buts, à Mika Godts et à Senny Mayulu. C'était la neuvième victoire de suite de Paris toutes compétitions confondues et, selon ici.fr, elle lui a donné quatre points d'avance en tête du classement. C'était aussi la 127e victoire de Luis Enrique avec le club, un record qu'il partageait jusque-là avec Laurent Blanc.

Le détail le plus parlant: qui n'était pas là

Le Monde, via l'AFP, a décrit un PSG « très remanié » pour ce match. Le Figaro ajoute que plusieurs titulaires sont blessés, dont Dembélé, Marquinhos, Nuno Mendes et « Kvara », et que Hakimi a assuré n'avoir aucune responsabilité supplémentaire à cause de cela. Que l'on y croie ou non, regardez ce qui s'est passé: avec un effectif diminué et remanié, les buts sont tombés, et Hakimi a été impliqué dans les cinq, par le couloir.

C'est ce que nous appelons du structurel. Une équipe qui dépend d'un attaquant d'élite est exposée le jour où il est blessé, en méforme ou muselé. Une équipe dont l'entraîneur construit l'attaque de façon à ce que le défenseur le plus excentré soit une menace offensive de premier plan possède une autre forme de résilience. Le danger vient d'une zone que la plupart des adversaires ne prévoient pas de défendre.

Luis Enrique n'est pas emballé par les buts. Il devrait se réjouir du système.

Les propos de l'entraîneur sont révélateurs. Comme le rapporte Le Figaro, il a qualifié Hakimi de « meilleur latéral droit du monde » et d'« attaquant quand nous avons le ballon », ajoutant qu'il est parfois plus haut sur le terrain que les attaquants. Mais il a aussi dit qu'il n'était pas « emballé » par les trois buts, et que Hakimi a la liberté de faire ce qu'il fait avec le ballon et l'obligation de défendre sans lui.

Il faut y voir une philosophie de conception, pas un compliment. Liberté avec le ballon, devoir sans lui. Hakimi s'en est fait l'écho: l'entraîneur lui laisse beaucoup de liberté, a-t-il dit, et ses coéquipiers l'aident à trouver des espaces et le couvrent quand il monte. À notre avis, tout le tour de force est là. La licence de vagabondage du latéral ne fonctionne que parce que les joueurs autour de lui sont assez disciplinés pour la couvrir. C'est difficile à copier avec un bon latéral droit et un bon plan. Il faut un entraîneur intransigeant sur les exigences: le soir de son triplé, Luis Enrique n'aurait pas apprécié que Hakimi discute avec l'arbitre assistant après que son premier but a d'abord été signalé hors-jeu, selon Le Figaro.

Les rivaux peuvent-ils suivre ? Probablement pas cette saison

Prudence quant à la conclusion. Une soirée face au dernier de la Ligue 1, qui n'a pris que deux points de toute la saison, ne règle pas une course au titre, et quatre points sont un coussin, pas une couronne. Nous ne prétendrons pas classer les plus proches poursuivants du PSG à partir d'un seul match.

Mais voici l'argument. L'avantage n'est pas que Paris ait un meilleur attaquant que tous les autres. C'est que Paris a une méthode qui semble résister aux rotations et aux blessures, et un joueur de classe mondiale qui s'y adapte parfaitement. Les rivaux peuvent acheter un attaquant. Il est bien plus difficile d'acheter un système cohérent avec un capitaine qui attaque comme un ailier et se fait pourtant réprimander comme un débutant.

Une note de bas de page que nous ne devons pas omettre: Le Figaro rappelle que Hakimi doit être jugé pour viol dans les prochains mois, une accusation qu'il conteste. Cela ne change rien à ce qui s'est passé sur le terrain, mais cela fait partie du contexte entourant le joueur et le club.

Regardez les ailes, pas la ligne d'attaque

Il ne faut pas lire ce vendredi comme « Hakimi a connu une soirée monstrueuse ». Il faut y voir un avertissement au reste de la Ligue 1: le PSG peut perdre des joueurs clés et marquer quand même cinq buts, parce que la machine ne passe par aucun attaquant en particulier. Si vous cherchez le favori au titre, regardez les ailes, pas la ligne d'attaque. Nous parierions que cet avantage durera plus longtemps que n'importe quelle série.

Sujets de débat

Aucun sujet pour l’instant : lancez le premier.

Plus d'articles

Rédaction Sportsfera
···
Football

Le Havre-PSG, une formalité ? Luis Enrique sait que non

Un dernier du classement au budget de 28 millions d'euros reçoit le leader de Ligue 1. Sur le papier, l'écart est immense ; en pratique, c'est un déplacement piège pour la concentration du PSG.

4 min de lecture Français (France)