Le Havre-PSG, une formalité ? Luis Enrique sait que non
Un dernier du classement au budget de 28 millions d'euros reçoit le leader de Ligue 1. Sur le papier, l'écart est immense ; en pratique, c'est un déplacement piège pour la concentration du PSG.
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Qu'est-ce qui est le plus dangereux pour un champion: une soirée de gala face au Barça, ou un vendredi soir chez le lanterne rouge ? Nous penchons pour la seconde option, car personne n'a besoin d'être convaincu de se mobiliser pour la première.
Les chiffres, tels que les expose Le Figaro, sont presque comiques. Le budget du Havre avoisine les 28 millions d'euros, à peine plus de la moitié des 50 millions d'euros qu'a coûté l'été dernier le transfert de Maghnes Akliouche depuis Monaco. Les Havrais sont derniers avec 2 points et aucune victoire. Le PSG, avec un budget de 900 millions d'euros, arrive en nouveau leader de Ligue 1 après sa victoire 2-0 contre Lyon, sur une série de huit succès consécutifs toutes compétitions confondues.
Voilà l'argument pour parler de formalité. Selon nous, c'est aussi celui qui doit inquiéter.
L'écart est réel, mais ce n'est pas le bon étalon
Les budgets prédisent des saisons, pas 90 minutes. Même Luis Enrique n'aborde pas ce match comme une promenade de santé. Lors de sa conférence de presse, rapportée par Le Figaro, il a affirmé que Le Havre aurait mérité plus de points à certains moments de la saison et que jouer là-bas n'a jamais été facile. Il a aussi souligné que c'est l'équipe de Ligue 1 qui centre le plus, avec trois attaquants dans l'axe et des piston qui montent en permanence.
Ce dernier détail compte. Une équipe qui inonde la surface de centres n'a pas besoin du ballon pour être dangereuse. Il lui suffit de quelques moments de relâchement d'un visiteur persuadé que le travail est fait. Le Havre est d'ailleurs revenu de 4-0 à 4-3 à Marseille. Les Normands ont perdu, mais une équipe qui continue à jouer à 4-0 n'a pas renoncé à sa saison.
Avec un match tous les trois jours, la concentration s'érode
Regardez la récente série du PSG: des victoires contre City, le Barça et Lyon, les trois leaders d'Angleterre, d'Espagne et de France. Après cela, c'est la motivation qui manque, pas le talent. Luis Enrique a plaisanté en disant qu'il ne savait plus si l'on était mardi, jeudi ou vendredi: c'est drôle, et c'est aussi une description fidèle du calendrier.
L'état de l'effectif ajoute de la pression. Tribuna indique qu'Ousmane Dembélé, Marquinhos et Nuno Mendes sont toujours aux soins. Interrogé sur la série de blessures musculaires, l'entraîneur a expliqué que le staff essaie de gérer la charge de travail, mais que les blessures font partie du football de haut niveau. Nous y voyons un aveu honnête: la marge de rotation est probablement plus mince que ne le laisse penser le classement.
C'est là que le banc compte. Luis Enrique dit que les remplaçants entrent face à des adversaires fatigués et que c'est une habitude depuis trois ans, une constante pour la plupart des équipes. Soit. Mais un vendredi en Normandie exige davantage de joueurs encore en quête de leur place: Mika Godts, auteur d'un but contre Lyon et en première saison, ou Lucas Digne, dont le manque de temps de jeu a été abordé directement par l'entraîneur. À notre avis, c'est à la fois une audition utile et un vrai risque.
Les titres se jouent dans des matches dont personne ne se souvient
Demandez ce qui a décidé la dernière course au titre serrée qui vous vienne à l'esprit: la réponse est rarement la grande soirée. C'est plutôt ce 1-0 sans éclat à l'extérieur, qui aurait pu basculer d'un côté comme de l'autre. Un titre est la somme de ces matches, et l'histoire du PSG avec cet adversaire en est un indice: la visite au Havre la saison dernière s'est soldée par un 1-0, et Luis Enrique avait évoqué ensuite de la frustration et la nécessité de continuer à progresser.
Le PSG est premier à l'issue de la 9e journée, ce que l'entraîneur a qualifié à la fois de pression et de motivation. Nous le croyons sur parole. Mener tôt est agréable, mais chaque point perdu devient alors une histoire.
Le PSG doit gagner, mais la manière sera le vrai test
Le PSG doit gagner, et gagnera probablement. Un écart de budget de 900 à 28 ne s'évapore pas en une soirée. Mais la question intéressante n'est pas le résultat; c'est la manière. Une prestation maîtrisée et sereine avec une équipe remaniée en dirait plus sur la profondeur de ce groupe que n'importe quelle grande victoire. Un 1-0 poussif nous apprendrait aussi quelque chose, pas forcément de négatif.
Si vous ne devez regarder qu'une chose vendredi, oubliez le score et observez les 20 premières minutes. Si Paris aborde les centres et les deuxièmes ballons avec la même intensité que face à City et au Barça, le piège sera refermé avant d'avoir pu se déclencher. Sinon, l'avertissement de Luis Enrique selon lequel Le Havre n'est jamais facile ressemblera moins à de la politesse qu'à une mise en garde adressée à lui-même.
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