Égaux aux points, pas aux chiffres : Dortmund doit prouver qu'il n'est pas un mirage
Le Bayern et Dortmund comptent tous deux 17 points, mais leurs buts racontent un parcours différent. Der Klassiker dira si le départ de Dortmund est fait pour durer.
Photo : Richard Bartz , Munich aka Makro Freak / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.5)
Une égalité en tête du classement est-elle vraiment une égalité ? Sur le papier, oui. Le Bayern Munich et le Borussia Dortmund abordent le coup d'envoi de samedi, à 18 h 30 à l'Allianz Arena, avec le même chiffre à côté de leur nom. Il suffit de regarder la colonne voisine pour que le tableau change. C'est ce qui rend ce Klassiker plus intéressant que l'étiquette habituelle de « grand match ».
Le classement dit égalité. Le bilan dit autre chose.
L'essentiel: comme le décrit Bavarian Football Works, les deux équipes sont invaincues en championnat et à égalité avec 17 points. Le Bayern ne devance Dortmund qu'à la différence de buts, avec 25 buts marqués contre 12. Sportschau parle du Topspiel de la Bundesliga, et on comprend pourquoi: les deux équipes se partagent le sommet.
Voici notre position. Dix-sept points, ce sont dix-sept points, mais le chemin compte quand on se demande ce qui vient ensuite. Tips.gg note que le Bayern a marqué 25 buts et n'en a encaissé que 6, soit une différence de +19, tandis que Dortmund est à +8. Le bilan de Dortmund est de cinq victoires et deux nuls en sept journées, ce qu'une présentation du match qualifie de meilleur départ en Bundesliga depuis 2017/18. C'est une vraie performance. Mais à notre avis, c'est aussi un bilan construit sur de faibles marges, et les faibles marges sont la première chose qui disparaît au cours d'une longue saison.
Les marges de Dortmund sont au cœur de l'histoire
Nous ne voulons pas être injustes envers Dortmund. Aller chercher des points à l'extérieur dans des matches difficiles, comme le formule l'avant-match de Goal, c'est ainsi que se forgent les prétendants au titre. La victoire 1-0 contre l'Eintracht Francfort lors de leur dernière sortie correspond à ce profil: peu élégante, efficace, reproductible. De nombreux champions ont gagné des titres en glanant des succès 1-0.
Mais nous pensons que la lecture honnête est la suivante: une équipe qui marque 12 buts en sept matches vit près du bord du précipice. Une blessure à un attaquant clé, un mauvais après-midi devant le but, et certaines de ces victoires pourraient se transformer en nuls. Le retour de Konstantinos Karetsas dans le groupe après une blessure aux ligaments, comme le rapporte kicker, rappelle utilement à quel point la santé de l'effectif détermine de quel côté on tombe. Nous ne savons pas encore combien de temps il jouera, et nous ne prétendrons pas le contraire.
C'est pourquoi ce match sert d'étalon. Dortmund n'a pas besoin de gagner pour prouver qu'il a sa place. Il doit montrer qu'il peut se créer des occasions face à une équipe qui n'a encaissé que six buts, et pas seulement défendre un avantage en espérant. Une courte défaite où il inquiète le Bayern nous en dirait davantage qu'un nul chanceux.
L'atout réel du Bayern, ce ne sont pas seulement les buts
L'argument facile en faveur du Bayern, c'est Harry Kane. Il vient de remporter le Ballon d'Or, devançant Kylian Mbappé de 28 points, 1 055 contre 1 027. C'est une belle histoire, et elle dominera les discussions d'avant-match. Nous dirions que c'est la solution de facilité.
Ce qui est plus révélateur, c'est l'ambiance que Vincent Kompany a instaurée. Le directeur sportif Max Eberl, s'adressant au magazine du club « 51 », a déclaré que Kompany avait « komplett wiederbelebt » (complètement ravivé) l'état d'esprit, ajoutant que beaucoup de joueurs sont les mêmes mais « wirken wie ausgewechselt » (semblent être d'autres joueurs). Eberl est évidemment partie prenante, et les dirigeants d'un club loueront toujours l'entraîneur de leur propre club. Il n'empêche qu'une équipe qui a accumulé autant de buts en en encaissant si peu nous semble avoir une idée claire et la profondeur d'effectif pour la répéter, plutôt que de s'appuyer sur une seule star.
C'est cette profondeur qui, selon nous, fera la différence entre les deux équipes sur des mois, et non sur 90 minutes. Un seul Klassiker ne peut offrir à personne le Meisterschale en octobre. Ce qu'il peut faire, c'est montrer si la série de sept matches de Dortmund a la substance offensive nécessaire pour survivre à l'hiver.
Notre verdict
Considérez-le comme un vrai jalon dans la course au titre, mais à sens unique. Si Dortmund repart de Munich avec un point ou trois, l'argument du « mirage » s'affaiblit nettement, car ce serait la preuve que l'équipe peut gagner un autre type de match que les succès étriqués et laborieux. Si le Bayern s'impose aisément, l'égalité au classement paraîtra cosmétique, et nous nous attendrions à ce que l'écart de différence de buts devienne un écart de points dans les semaines suivantes. Cette dernière partie est une prédiction, pas un fait.
Notre penchant: les chiffres du Bayern en font le meilleur pari pour être encore en tête au printemps, et Dortmund a la tâche la plus difficile ce soir. Mais une équipe invaincue en sept matches mérite d'être jugée sur ce qu'elle fait dans la plus grande arène, pas sur un tableur. Observez comment Dortmund se crée des occasions. Cela vous en dira plus que le score.
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