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Rédaction Sportsfera
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Digard limogé au Havre : on sanctionne la défaite face au PSG, pas le vrai problème

Le Havre a licencié Didier Digard au lendemain d'un 5-1 face au leader. La glissade a commencé bien avant l'arrivée de Paris, et un nouvel entraîneur ne suffira pas à l'enrayer.

Publié
31 octobre 2026
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Peut-on vraiment licencier un entraîneur pour avoir perdu face à la meilleure équipe du championnat ? Le Havre vient de le faire, ou du moins c'est ce que l'on perçoit de l'extérieur. Didier Digard est parti, et le timing en dit long sur la réflexion de la direction du club.

Voici les faits. Selon Le Figaro, citant L'Équipe, la direction du Havre s'est séparée de Digard après la défaite 1-5 de vendredi face au Paris Saint-Germain. Le club est dernier de Ligue 1 avec deux points en neuf journées et cinq défaites consécutives. Digard, issu du centre de formation du club, avait vu son contrat prolongé le 11 juin. Moins de cinq mois plus tard, il est parti.

Le match contre le PSG est un prétexte, pas la cause

Soyons honnêtes à propos de cette rencontre. Paris est venu au Stade Océane avec plusieurs cadres blessés et a beaucoup fait tourner, ce qui ne l'a pas empêché de s'imposer aisément, Achraf Hakimi étant impliqué dans les cinq buts. Peu de gens s'attendaient à ce que Le Havre prenne des points, et une défaite face à un tel adversaire ne dit presque rien de la compétence d'un entraîneur.

Elle a en revanche offert à la direction un moment idéal. Licencier un entraîneur au lendemain d'une lourde défaite donne une impression de fermeté, et cela évite une question plus délicate: pourquoi une équipe qui a démarré la saison sans victoire continue-t-elle de sombrer ? Les seuls nuls de la saison en championnat ont été arrachés face à Lyon et Angers, et les cinq défaites qui ont suivi relèvent d'une érosion continue, pas d'un effondrement isolé. À notre avis, licencier un entraîneur pour le score le plus prévisible est l'explication la moins convaincante de cette décision, même si c'est celle que retiendront les titres.

La glissade dépasse un seul homme, et les propriétaires le savent

Le bilan n'est pas flatteur pour Digard. En 79 matches, il a compté 17 victoires, 20 nuls et 42 défaites, même s'il a aussi assuré le maintien à deux reprises. Et la défense continue de prendre l'eau: foot-national.com a titré son compte rendu du match contre le PSG avec la phrase « Ça devient une faute professionnelle » et écrit que Le Havre « a encore coulé défensivement ». Quel que soit l'auteur de ces mots, ils désignent un problème collectif, pas une mauvaise soirée.

Mais l'entraîneur qui avait assuré deux maintiens consécutifs était aussi celui que la direction avait choisi de prolonger en juin. Soit cette prolongation était une erreur, soit le regard du club sur l'effectif a changé très vite. Aucune des deux lectures n'est confortable pour ceux qui ont pris la décision. Sport.fr rapporte, là encore en citant L'Équipe, que Blue Crow, le groupe américain qui détient plus de 95 % du club, a mis fin à sa mission. Si c'est le cas, c'est l'actionnaire qui réclame une réaction, et c'est aussi à lui d'expliquer la suite.

Un nouveau visage ne fait pas un projet

C'est là que nous devenons sceptiques. Remplacer un entraîneur est le levier le moins coûteux dont dispose un club. Cela offre quelques semaines de crédit, une nouvelle voix dans le vestiaire et peut-être un meilleur résultat face à Lorient lors de la 10e journée. Mais cela ne dit rien de ce pour quoi l'effectif a été construit, de la manière dont le club compte marquer ou défendre autrement, ni de ce que fera la direction si le nouvel entraîneur peine lui aussi.

Les mots de Digard après le match contre le PSG, selon lesquels ses joueurs « ont les tripes » pour se relever, résonnent désormais comme la dernière phrase d'un passage interrompu avant qu'il ait pu le vérifier. Impossible pour nous de juger de l'extérieur si cet état d'esprit existait. Ce que nous pouvons dire, c'est qu'une équipe avec deux points en neuf matches souffre d'un problème structurel qui subsistera, avec ou sans nouvel homme sur le banc.

Notre verdict

Le Havre avait sans doute raison de juger la situation urgente. Il a sans doute eu tort de laisser la défaite contre le PSG servir de justification, car cela place le nouvel entraîneur dans une position injuste et dédouane la direction. Si le club veut que ce changement soit plus qu'un réflexe, la prochaine annonce ne devra pas se limiter à un nom. Elle devra s'accompagner d'une idée claire du jeu pratiqué, des objectifs fixés et du temps accordé au projet. Sans cela, le prochain licenciement n'est qu'une question de temps, et le match contre Lorient ne nous en apprendra pas plus que celui contre Paris.

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